Dans cet épisode du podcast « Trouve ton Mouv », Elise Benazet reçoit Marie Bruand, une psychomotricienne qui a traversé les tempêtes du libéral pour finalement se reconstruire une base solide. Son parcours est une leçon de résilience pour tous les professionnels de la rééducation : il nous rappelle que pour bien soigner les autres, il faut d’abord savoir s’écouter soi-même
Le besoin vital d’un mentorat bienveillant
Marie a débuté sa carrière en libéral aux côtés d’Elise, une collaboration qui a agi comme un véritable filet de sécurité. Pour cette professionnelle qui se décrit volontiers comme « anxieuse », le mentorat a été la clé pour passer de la théorie à la pratique clinique, notamment auprès des enfants.
Travailler à deux, c’est aussi oser poser des questions « pertinentes » pour sortir des généralités et s’attaquer à la complexité de chaque cas. Ensemble, elles ont développé des groupes de thérapie innovants (méthodes COOP et NTT) pour les troubles de la coordination et du graphisme, prouvant que le binôme est un puissant levier de créativité et de plaisir professionnel.
Le virage dangereux : quand le libéral devient un poids
L’équilibre a vacillé lorsque Marie s’est installée seule en Haute-Savoie. Confrontée à une charge de travail écrasante, à des pathologies lourdes (autisme, troubles du comportement) et à un isolement géographique, elle a vu son rêve de liberté se transformer en piège.
L’anxiété financière, la gestion administrative et la difficulté à recréer un réseau local ont mené au surmenage. Marie partage avec courage les signes précurseurs du burnout que nous devrions tous surveiller :
• Douleurs physiques : Tensions dans les trapèzes et le dos
• Troubles du sommeil : Réveils nocturnes en panique et fatigue chronique
• Changement d’humeur : Irritabilité, hypersensibilité et perte d’estime de soi
• Envahissement mental : L’impossibilité de « décrocher » du travail, même le week-end
La reconstruction : trouver sa juste place en gériatrie
Après un arrêt nécessaire pour « ne pas mourir » de son travail, Marie a pris la décision radicale de revendre son cabinet pour se protéger. Elle a retrouvé son équilibre en revenant à ses racines : la gériatrie.
Aujourd’hui, elle s’épanouit dans un poste de coordination au sein d’une Équipe Spécialisée Alzheimer (ESA). Ce nouveau « Mouv » lui permet de concilier ses talents :
1. L’expertise clinique : Elle réalise des bilans géronto-psychomoteurs précis (MMSE, Tinetti) pour évaluer l’autonomie à domicile
2. Le rôle de conseil : Elle guide les familles (les aidants) pour éviter leur propre épuisement
3. Le coaching : Elle supervise les aides-soignantes qui réalisent la stimulation cognitive, retrouvant ainsi sa casquette de « mentor » qu’elle affectionne tant
Le mot de la fin : s’écouter pour durer
Marie est aujourd’hui « guérie », mais reste attentive à ses fragilités. Son message est clair : le travail en réseau est essentiel pour rompre l’isolement et redonner du sens à notre pratique.
En proposant des solutions « pratico-pratiques » aux patients et en travaillant main dans la main avec d’autres professionnels, elle a enfin trouvé ce sentiment d’utilité qui fait vibrer son métier de psychomotricienne.
Et vous, avez-vous trouvé le rythme qui protège votre élan thérapeutique ?
