Trouver l'inspiration dans sa pratique

Dans nos métiers de soin, nous sommes souvent les « cordonniers les plus mal chaussés » lorsqu’il s’agit d’écouter nos propres besoins corporels. Dans cet épisode, je vous propose de découvrir le parcours de Julie Tribillon, psychomotricienne, sophrologue et énergéticienne. Elle nous partage comment elle a su transformer sa propre hypersensibilité en une force clinique, en intégrant des outils complémentaires pour une prise en charge globale de l’humain.

De la psychomotricité « pure » à une approche multi-référentielle

Julie a débuté sa carrière dans des contextes institutionnels exigeants, notamment en CAMSP et en néonatologie. Confrontée très tôt à la fragilité des nouveau-nés et à la détresse des parents, sa nature hypersensible l’a poussée à chercher des outils pour gérer ses propres émotions afin de rester une professionnelle solide.
C’est ainsi qu’elle s’est formée à la sophrologie en Suisse, d’abord pour elle-même, avant de transmettre ces outils de respiration et de canalisation émotionnelle à ses patients.

Son ouverture vers l’énergétique est née d’une expérience personnelle marquante : la guérison de problèmes d’allergies sévères grâce à une approche thérapeutique qui a su lier ses symptômes physiques à un vécu émotionnel et psychologique. Cette révélation a transformé sa vision du soin : pour elle, chaque symptôme possède une part physique, émotionnelle et parfois spirituelle.

L’énergétique au service de la psychomotricité

Aujourd’hui, Julie combine ses différentes « casquettes » pour soutenir des patients aux profils variés :

Chez l’enfant : Elle propose des séances d’énergétique pour apaiser l’agitation psychomotrice ou l’instabilité, souvent liées à des blocages émotionnels précoces, parfois vécus dès la grossesse ou l’accouchement.

Chez le parent : Elle accompagne les familles pour identifier les phénomènes de projection ou les blessures personnelles qui peuvent freiner le cheminement de l’enfant.

Malgré ces approches complémentaires, elle conserve une rigueur clinique en continuant de réaliser des bilans psychomoteurs étalonnés, tout en s’autorisant une créativité thérapeutique libérée des protocoles rigide

 

L’ancrage : un outil indispensable pour le rééducateur

Julie insiste sur l’importance pour le professionnel de « faire le tri » avant d’entamer sa journée. Elle propose des exercices simples mais puissants :

1. S’ancrer au sol : poser les pieds à plat et visualiser des racines qui plongent dans la terre, comme un arbre.

2. Lâcher le mental : tandis que le mental peut construire des interprétations erronées, le corps, lui, est « dans le juste » et ne ment pas.

3. S’écouter pour durer : reconnaître ses limites et s’autoriser, si besoin, à réajuster son emploi du temps pour éviter le burnout et rester un soignant de qualité.

 

 

 

Continuer d'apprendre pour mieux comprendre l'humain

Fidèle à sa soif d’apprendre, Julie poursuit actuellement un Master de psychologie psychanalytique (FPP) à l’Université Lyon 2. Cette formation lui permet de théoriser sa clinique et de remettre de la singularité dans un monde de santé de plus en plus formaté par les protocoles.

Ensemble, osons la créativité et l’écoute de soi pour mieux accompagner l’autre.